Mauritanie – Démarrage du PARJ malgré le contexte généré par le COVID-19

« J’ai pris mon poste de coordinatrice de projet à Nouakchott au ministère de la Justice le 3 février 2020 pour mettre en œuvre l’action dévolue à JCI dans le cadre du nouveau programme européen d’appui à la réforme de la Justice (PARJ). En effet, JCI est en charge de mener les activités relatives à la formation initiale et continue des professionnels de justice, en particulier magistrats et personnels de greffe, et à la restructuration de l’administration pénitentiaire et l’humanisation des conditions de détention.

Très vite, la situation liée au COVID-19 nous a rattrapé dans la phase de démarrage du projet.

La Mauritanie est touchée au même titre que ses voisins subsahariens par cette crise mondiale. Conscient de la fragilité de son système de santé face au coronavirus, le gouvernement a su prendre des mesures drastiques très rapidement pour enrayer le phénomène : fermeture de l’aéroport et de toutes ses frontières ; déploiement de l’armée sur les frontières ; fermetures des écoles, restaurants et commerces sauf alimentaires ; couvre-feu de 18h à 6h ; service minimum des administrations et des entreprises ; confinement préconisé ; interdiction des prières collectives…

La stratégie adoptée est productive d’effets puisque seulement 8 cas ont été confirmés en Mauritanie dont 1 seul cas encore actif.

Du côté du projet, l’action de JCI a peu pâti des mesures générées par la lutte contre le coronavirus puisque les missions de démarrage prévues ont pu avoir lieu juste avant la fermeture de l’aéroport.

Au regard des circonstances actuelles, je suis passée dès le 30 mars en mode télétravail.

Je travaille quotidiennement grâce aux moyens de communication (téléphone et internet) avec les acteurs mauritaniens concernés (ministère de la Justice et ENAJM), et le reste de l’équipe projet basée en France composée des chefs de composante formation et pénitentiaire et de la chargée de projet du siège. Dans ce contexte, JCI a pu remettre le 22 avril le rapport de démarrage du projet à la Délégation de l’Union européenne.

Il était primordial pour moi de rester à Nouakchott durant cette période de démarrage pour favoriser la pleine intégration de toutes les parties prenantes du projet à toutes les étapes du processus et ce dès le démarrage. Cela me permet non seulement de communiquer avec les bénéficiaires locaux mais aussi de faire un point régulier avec le Point focal principal du PARJ au ministère de la Justice.

Depuis cette date, je m’attèle, en lien avec la chargée de projets, à rédiger les trames des documents nécessaires dans le cadre du projet (Termes De Référence, rapport de mission, attestations…) et à finaliser tous les aspects logistiques du projet (achat du véhicule de projet, aménagement du bureau et recrutement de l’assistant de projet et du chauffeur…). Depuis le 4 mai, j’amorce un retour progressif au ministère de la Justice en alternant des journées en télétravail et des journées au bureau au ministère tout en prenant soin de respecter les gestes et mesures de précaution.

Nous avons également prévu d’élaborer avec les interlocuteurs susmentionnés les TDR des 1ères missions à mener.

Ainsi, nous nous efforçons d’être en mesure de lancer rapidement les activités et de les mener à bien dès la réouverture des frontières de part et d’autre et la reprise du déploiement de l’expertise court-terme. »

Virginie Pagnon, Coordinatrice de projet